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L'hôtellerie antillaise et la nécessité du bouclier social

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Quand, avec la complicité de l'autorité télévisuelle de contrôle des marchés politiques,  Nicolas Sarkozy a provisoirement réussi son OPA sur la République, ses premières mesures ont été celles réclamées de longue date par l'Assemblée Générale des Actionnaires de l'UMP. Il a en effet commencé son mandat en versant des dividendes à sa clientèle naturelle : 3600 familles privilégiées, grâce au bouclier fiscal, bénéficient de 400 millions d'euros supplémentaires pour leurs achats de yacht et plus de 7000 ménages dotés d'un revenu de référence de plus de 100 000 euros par an ne paient aucun impôt sur le revenu.

Il était pourtant urgent non de distribuer des dividendes  mais d'investir dans les réformes structurelles capables de préserver voire d'améliorer  le sort des salariés, qui constituent la majorité de la population, à la Martinique, en Europe et dans le monde. C'est donc un bouclier social et non un bouclier fiscal qu'il fallait mettre en place.

Le bouclier social est une revendication du Parti de Gauche depuis sa création. Il a fait l'objet d'une proposition de loi présentée par les parlementaires du Parti. Enfin, dès sa déclaration de soutien aux récentes luttes sociales, publiée sous le titre "Nous soutenons la lutte des salariés, des agriculutre et des petits artisans", le Comité de Martinique a fait remarquer la pertinence d'un tel bouclier pour fournir un débouché politique aux attentes populaires qui se sont exprimées dans la rue.

Cette pertinence apparaît encore une fois en ce qui concerne l'hôtellerie. Le droit de reprise pour les salariés (article 3 de la proposition de loi), est tout à fait adapté au secteur hôtelier. Ainsi, pas loin de nos îles, en Argentine, les salariés de l'hôtel Bauen, un cinq étoiles de vingt étages, ont réussi à faire tourner l'entreprise sans patrons(CF. Cécile Raimbaud « Le droit au travail avant le droit à la propriété. En Argentine, occuper, résister, produire » in Le Monde Diplomatique, Septembre 2005). D'autre part, le bouclier social permettrait aux représentants d'opposer un droit de veto suspensif aux procédures de licenciement, jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée pour préserver l'emploi. Par  conséquent, le bouclier social serait de nature à sauver les salariés de la Sucrerie du Comté, hôtel situé en Guadeloupe, entre le Lamentin et Deshaies. Cette structure pourrait très bien changer de statut et devenir une coopérative ouvrière plutôt que de s'orienter vers la suppression d 'un emploi sur deux.

Même à supposer qu'un tel scénario soit inapplicable, le bouclier social fournirait une solution. Les patrons, en effet, bénéficient de faveurs diverses du politique, telles que les exonérations de « charges » sociales, subventions indirectes dont le montant s'élève en France à une trentaine de milliards d'euros. Or, le bouclier social conditionnerait les aides publiques aux entreprises à des garanties concernant l'emploi. Autrement dit, pour éviter les sanctions, les chefs d'entreprises, plutôt que de ne penser qu'à leurs poches déjà boursouflées, seraient forcés d'intégrer le coût social de leurs choix dans leurs calculs. Une conception large de ces garanties pour l'emploi permettrait même de sauver du chômage des centaines de salariés dont les hôtels, comme le Manganao et Pierre et Vacances (Saint-François, Guadeloupe), ferment durant la saison creuse.

Enfin, un autre scénario possible, comme nous le fait remarquer Isabelle, une de nos camarades du Parti de Gauche de la Guadeloupe, serait celui proposé dans le point 10 du LKP, dans lequel il est question du rachat par les collectivités du patrimoine foncier du Kalenda, en vue notamment du reclassement des salariés du Kalenda et d'Anchorage.

 

 

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